J'ai testé avec curiosité « Dessine-moi un... DONJON » de chez Narrativiste editions. Au milieu des bacs, dans ma librairie favorite, trône depuis quelques temps ce livre sombre, format BD, dont la superbe illustration de couverture me rappelle mes parties d'Hexen. Le quatrième de couverture est franchement vendeur : « un jeu pour, seul devant sa feuille ou accompagné de ses amis ou de ses enfants, dessiner un 'Donjon' retors et magique ».

Je plonge dessus et l'ajoute à mes achats du jour. Mon imagination de joueur "old school" toute émoustillée par la promesse d'un bon moment avec mon fils, en bonne alternative à un « Livre dont vous êtes... » ou à une partie simplifiée du plus commercial de nos Jeux de rôles.

Mais voilà, avez-vous déjà croqué une mauvaise pistache ? Vous vous régalez, le bol à moitié plein, vos déchets éparpillés. Soudain, un goût amer dans la bouche...

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Après une heure de lecture-jeu, cette impression apparaît en même temps que l'idée d'avoir été trompé sur la marchandise.

La première partie avait pourtant bien débuté. Les illustrations en noir et blanc, leur look rétro années quatre-vingts, transformèrent nos premiers moments de lecture en pur plaisir. Puis, doucement, les erreurs de traductions, les tables aléatoires incomplètes, les instructions peu claires ont métamorphosé notre premier Donjon en schéma illisible.

Parcourant le livre pour trouver des illustrations explicatives, nous tombons sur des exemples dans lesquels le Donjon est présenté en vue du dessus (p39, p45, p49, p60, etc). Pourtant, toutes les indications du livre nous invitent plutôt à créer une coupe transversale où le sommet de votre feuille représente le niveau du sol, et dessous les niveaux sous terre.

Nous reprenons la partie du début, avec le système de calques. Mais sans grand enthousiasme cette fois. Alors que nous avions l'intention de dessiner nos salles « à plat », niveau par niveau, comme dans les illustrations, rien ne nous entraîne à le faire dans les instructions.

Que se passe-t-il lorsque des salles se chevauchent sur les calques ? Les consignes ne se trouvent que bien après que l’événement se produise sur votre feuille de papier. La frustration de la première partie refait surface alors qu'un conseil du type : « lisez entièrement ce volume une première fois puis commencez pas à pas la création de votre Donjon » aurait été judicieux.

Le système de combat, simpliste, ne nous permet pas vraiment d'étoffer l'histoire. Quelques recherches sur la toile nous mènent à des vidéos, en Anglais, plus descriptives et explicatives. Là, il y a du fun. Le background et l'univers médiéval fantastique créés peuvent être franchement repris comme base d'une aventure classique Porte-Monstre-Trésor en D&D ou Pathfinder.

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Malheureusement, le livre n'est pas à la hauteur de ces attentes. Erreurs de traduction ? Équipe créative disparate ? Projet sorti trop vite pour répondre à des délais prescrits ? Rien ne permet d'éclairer nos sombres ressentis.

En tant qu'objet, et pour ses tables aléatoires aidant à la création d'univers ou d’événements inattendus, je le laisserai sur mes étagères, dans la section créative. Le jeu, quant à lui, pour cette version traduite dans la langue de Molière, ne restera qu'une mauvaise expérience que je ne rééditerai probablement pas.

Ce que j’ai aimé :

  • Les illustrations rétro.
  • Le support comme création d'univers clé en main pour un scénario Porte-Monstre-Trésor Médiéval-Fantastique.

Ce que je n’ai pas aimé :

  • L'impression d'avoir été trompé sur la marchandise.
  • Le « jeu » lui même qui a peu d'intérêt.
  • Le manque de précision des instructions.

Dessine-moi un... Donjon

Narrativiste Editions

68 pages, couverture cartonnée

Prix conseillé : 25,- EUR